NoWayOut
Homme de lettres et fier de l'être. La
bêtise le répugne. Atteint d'éléphantiasis et d'hédonisme, il éprouve une aversion toute particulière envers l'ignare pubère hydrocéphale;

Bonjour à toi ami étudiant, monsieur le juge Dati, monsieur le procureur Sarko, monsieur l’avocat de la défense Sarko et monsieur l’avocat de l’accusation Sarko, mesdames et messieurs les jurés Sarko. Monsieur le président du tribunal Sarko, votre altesse suintante Carla, mon coiffeur, mon chien, mes acariens.
Ami étudiant, sors de tes livres quelques instants afin que de déviser d’importance avec No Way Out. Voilà ? Bien. J’ai l’extrême plaisir de recevoir aujourd’hui un étudiant en lettres dont il serait fort à propos de dire qu’il incarne l’avenir de la transmission des belles lettres françaises. Ca vous la coupe hein ? Oui, No Way Out ne recule devant rien, même face à la pire des horreurs.
Tout d’abord, comme dans toute bonne dissertation littéraire, il nous faut poser une judicieuse et néanmoins pertinente problématique. Quelles critères, évidemment objectifs, ami lecteur tu me connais, caractérisent un étudiant en lettres ? Ah … ? Euh, ha bah,… ha bah oui… en fait, il en est plusieurs qui permettent, lors d’un dîner mondain en ville, de découvrir, parmi les invités, celui dont les lettres sont la passion.
Vestimentairement parlant, il sent bon le vintage parce qu’il s’oppose à la société de consommation. Oui, le littéraire est socialement impliqué. Dans ses choix de tissus, il privilégie un coton durable, parce que le monde, il faut le sauver d’abord. Putain, quelle force ces étudiants !
Politiquement, il est avide, curieux, cérébral, il réfléchit. Il est de gauche. Forcément, son argument est massue, comme le général du même nom qui en Algérie, n’était pas soupçonné d’appartenance socialiste, il est de gôôôôche parce que son cœur est a gauche… (une larme perle). Puisqu’il est de gôche, il est social. Associatif. Il s’implique. Il glose. Il débat. Il cherche. Il pense.
Arrêtons-nous un instant sur cette délicieuse image. N’est-ce pas beau, ami lecteur, tant d’idéalisme incarné dans cette jeune fille aux cheveux filasses percluse de lettres et de haschisch ? Mais fi ! nulle critique ne viendra énerver mon propos, enfin, pas pour le moment.
Autre détail qui permet de distinguer un étudiant en lettres d’un ragondin et de Mère Térésa : il lit. Beaucoup. Au moins deux livres par jour. Il cite. Beaucoup. Au moins deux fois par an. Mais il le fait dans le texte, en latin, c’est classe. Il est pénétré par l’herméneutique hégélienne et sartrienne. Il est défenseur de Hugo, admirateur de Bovary, il est lui même bovariste. Il aime à parler avec des mots d’au moins trois syllabes de textes lus en synthèse sur Wikipédia. D’auteurs inconnus, bien-sûr, pour montrer qu’il est l’élite. On l’entend d’ailleurs, à la façon du son du cor le soir au fond des bois, dire « La pénétration masdéiste de l’ontologie perso-musulmane de Omar Khayyam, nonobstant les versatilités anthropologico-religieuses que le poète met en avant dans sa quête édenique dystopique, lui arroge une profondeur de champ propre, au sens bergsonien, qui participe à l’évolution nécessaire au XIIè siècle de la catharsis humaniste persane. » Et là, l’homme du peuple se met à genoux devant une telle capacité à conceptualiser. On ne la retrouve plus qu’en Normandie, dans les bocages, entre deux cornes. C’est simplement émouvant. D’ailleurs, je te propose, ami lecteur, de prendre un instant pour faire silence et rendre hommage à cette beauté intellectuelle que n’aurait pas renié le philosophe bêlant Didier Barbelivien. Cette pensée profonde est l’image d’un absolu. Mais chut.
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Bon, ça suffit. Cette phrase, citée plus haut, est un paradigme de la suffisance que l’étudiant moyen, du haut de ses 19 ans et de la certitude qu’il a en ses connaissances de grand penseur, peut déféquer. Cela fait frémir. Boursouflé d’orgueil, sa morgue ne trouble que les sots. Il est indigent. Acnéique et arsouillé à la mauvaise bière ingurgitée au long de débats infamants pour ses semblables, il sait, dans ses élans de bourgeoisie vulgaire et encanaillée, qu’il se ment à lui-même. Bien que sur ma dernière remarque, il me soit arrivé de douter. Béotien, philistin, profane, il pignole à l’envi et avec la tendresse d’un panzer les mots auxquels il ne comprend rien. Roublard et forcené de la pensée, l’étudiant en lettres est beaucoup plus proche qu’on ne le pense d’un rat musqué ou d’un imam intégriste. Il est ignorant et le fait savoir dans la complexité tout personnelle de sa pensée.
Son ingratitude empathique et bouffie de dédain arrogant donne cette image de sympathie à ces jeunes gens aussi idéalistes que Ségolène croit qu’un jour elle gagnera une élection. Vautré dans la fange de sa pensée et un canapé plus profond que sa réflexion, la clope roulée coincée aux commissures de ses lèvres révulsées par la révulsion qui le révulse, crachotant son cancer à venir à ses amis penseurs de gôôôche, il nous donne, pardon, nous fait grâce de ses lumières (avec une minuscule, je ne voudrais pas diffamer les Lumières (avec majuscule) du XVIIIè siècle qui ont fait avancer la pensée en tout sens) avec une mansuétude hébétée et obscène. Les éjaculateurs pitoyables du savoir et penseurs précoces (bien que ce soit souvent le contraire) amènent à penser que tout autre non littéreux est quantité négligeable. Ces crapoteux qui vénèrent BHL et Houellebecq sont d’une indigence crasse et préhistorique. L’ineptie de ce qu’ils postillonnent est sans commune mesure. L’insipidité brumeuse inculte dont ils sont les représentants néanderthaliens est une insulte à la culture et sa diffusion. Lapidaires dans leurs argumentaires faute de recul et de sens critique, ils vomissent péniblement dans leur Jacob Delafon leur savoir. Avachis, ces flaques énergumènes émétiques poussifs poussent la suffisance et la cuistrerie au-delà de toute limite. Darrieussecq et ses truismes porcins sont pour eux des modèles de réussite… étonnant d’ailleurs de voir que, entre Houellebecq et Darrieussecq, les points communs s’accumulent en banalités consternantes qui finissent tous les deux par des Q. Ca fait au moins un point commun avec ces myopathes décérébrés et exaltés qui les admirent. Des Q en fin de noms, des Q qui les lisent, cela fait un face à face.
Quant à leur réussite, lorsque je la vois, j’ai envie d’échouer.
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